đŸ‡«đŸ‡· sociĂ©tĂ© de (sur)consommation : les loisirs

La lecture de l’ouvrage de BĂ©a Johnson cet Ă©tĂ© m’a apportĂ© quelques plus et idĂ©es nouvelles pour l’organisation du quotidien. Mais je suis avant tout tombĂ©e sur un chapitre qui m’a rĂ©ellement touchĂ©e, Ă  savoir la surconsommation de loisirs. Car seuls quelques amis proches partagent ce point de vue. Et pour la premiĂšre fois, je me suis sentie moins seule.

De plus, cet article est aussi une rĂ©ponse au sempiternel ‘tu es prof, tu as le temps’ que je ne peux tout simplement plus supporter, tant il me dĂ©frise. Car il y fort longtemps, je travaillais dans un bureau Ă  39 h et 4 h rĂ©cup/rtt. Et j’avais bien, bien plus de temps que maintenant. Je ne passais pas mes soirĂ©es Ă  corriger ni mes soi-disant vacances Ă  prĂ©parer les cours. Ni Ă  cumuler plein de missions annexes. Par contre, cette annĂ©e, j’ai appris Ă  faire des choix. Bon, revenons en au sujet….

Les loisirs ne doivent pas, Ă  mon sens, passer avant la famille, ĂȘtre un motif de compĂ©tition entre parents, ou encore combler une absence du parent, des frustrations anciennes.

Attention, que les choses soient clairement posĂ©es : j’ai moi-mĂȘme beaucoup de loisirs, tant que je ne regarde (presque) plus la tĂ©lĂ© et je n’aurai jamais assez de temps libre pour me consacrer Ă  tous mes centres d’intĂ©rĂȘts trĂšs divers. Et je ne blĂąmerai personne d’ĂȘtre dans un club… Je suis moi-mĂȘme inscrite Ă  une activitĂ©. Mais Ă  une seule. Le reste, je le pratique soit Ă  la maison, soit durant mes pauses dĂ©jeuner.

1. Premier constat : des enfants aux emploi du temps de ministre.

C’est l’aspect « surconsommation » et « compĂ©tition de coq » qui a initialement attirĂ© mon attention dans l’Ă©tablissement oĂč j’exerce, il y a presque plus de 8 ans de cela. Je me suis retrouvĂ©e confrontĂ©e Ă  des Ă©lĂšves qui n’arrivent plus Ă  suivre scolairement ou qui sont extĂ©nuĂ©s le matin en classe parce qu’ils ont 3 entraĂźnements sportifs par semaine jusqu’Ă  22 h, des compĂ©titions tous les week-ends et, comme cela ne suffit pas, il font aussi musique et thĂ©Ăątre. Bref, Ă  un moment donnĂ©, il faut dire stop : le gamin est presque en burnout lĂ  !!! Je suis vraiment convaincue qu’il n’y a pas que l’Ă©cole dans la vie et ne donne que peu de devoirs. Surtout pas pendant les vacances et en gĂ©nĂ©ral, jamais de contrĂŽle un lundi pour pouvoir passer du temps en famille.

Mais les gens, rĂ©veillez-vous !!! On n’est pas dans une compĂ©tition Ă  celui qui a des enfants qui fait le plus d’activitĂ©s en clubs. Et il en ressort un triste bilan :

  • gosses Ă©puisĂ©s qui ne jouent plus (car oui, les ados jouent encore – jeux de sociĂ©tĂ©s, lego techniques Ă©laborĂ©s),
  • ne sortent plus dehors s’amuser,
  • littĂ©ralement enfermĂ©s dans les activitĂ©s parfois mĂȘme choisies pour eux : « tu auras le droit de faire foot si tu fais saxo pour faire plaisir Ă  maman ». Ouais… pour que maman puisse mieux se vanter la prochaine fois qu’elle se pavanera devant ses amies.

J’ai mĂȘme assistĂ© Ă  des situations ridicules, oĂč un parent nous faisait la morale de maniĂšre virulente lors d’un conseil de classe car sa fille a entrainement piscine, basket et danse (3 activitĂ©s, rien que ça) et que nous devrions tenir compte de son emploi du temps privĂ© pour fixer les contrĂŽles. Fou rire gĂ©nĂ©ral et indignation… Nous avons informĂ© ce cher Monsieur qu’il ne nous est impossible de tenir compte de l’emploi du temps de ministre de sa fille en raison des 28 autres emploi du temps de ministre de ses camarades 🙂 Et le plus drĂŽle ? Ce papa ne voyait que la situation de sa fille, il ne comprenait pas que d’autres existent. Dans quelle sociĂ©tĂ© vivons nous…

2. Une course nombriliste pour les parents.

A un certain temps, une collĂšgue avait lancĂ© cette mode de se plaindre… Son fils faisant une activitĂ© sportive, de la musique et elle plein d’activitĂ©s, sans compter celles de sa petite derniĂšre. Vite, trĂšs vite, cela s’est transformĂ© en un ridicule cirque de celle qui se plaint le plus des compets de gym, trajets, temps Ă  regarder les enfants sur le terrain par temps exĂ©crable – une magnifique mascarade sous latente de celle qui se vante le plus de sa progĂ©niture soit disant ultra douĂ©e Ă  l’emploi du temps de ministre. J’avais envie de dire « eh bien, tu l’as bien cherchĂ© non?! De quoi te plains-tu ? », mais je n’ai rien dit. J’ai fuit et fuis toujours encore plus cette salle de repos durant les pauses dĂ©jeuner tant que j’y trouve des mĂ©gĂšres jouant Ă  qui voulant ĂȘtre la meilleure mĂšre.

Je vous passe tout le dĂ©dain dont cette collĂšgue m’a gratifiĂ©e lorsque j’ai Ă©voquĂ© que ma fille (ĂągĂ©e alors de 5 ans) ne faisait pas d’activitĂ©s Ă  l’extĂ©rieur rĂ©guliĂšres, mais juste quelques cours ou activitĂ©s Ă  la carte et que je prĂ©fĂ©rai miser sur le temps passĂ© en famille.

Depuis que cette collĂšgue n’est plus lĂ , cet effet de mode s’est calmĂ©. Et heureusement.

Soyons sincĂšres et rĂ©alistes : oui les enfants ont envie de faire plein de choses et c’est bien normal car ils sont curieux. Mais il appartient aux parents de limiter les dĂ©gĂąts, surtout pour ne pas s’Ă©puiser en trajets qu’ils soient en ville ou Ă  la campagne.

Car c’est aussi l’envers du dĂ©cor – trĂšs souvent les mĂšres se farcissent la corvĂ©e de vĂ©hiculer les enfants Ă  leur multitude d’activitĂ© (oh rĂ©partition inĂ©gale), ce qui peut virer au cauchemar avec deux enfants ayant deux Ă  trois activitĂ©s diffĂ©rentes, Ă©videmment ni aux mĂȘmes lieux et mĂȘmes horaires. Une amie a fait le choix de travailler Ă  80 % pour avoir le mercredi de libre. Elle passe la journĂ©e Ă  vĂ©hiculer ses enfants et c’est rebelote les week-ends… Moi, cela ne me fait pas rĂȘver… Quand j’ai du temps libre avec ma fille, on improvise des choses en fonction du temps. Quel plaisir de ne pas ĂȘtre contraints par des activitĂ©s hebdomadaires systĂ©matiques !

3. J’ai l’impression de passer pour un alien…

Avant d’avoir fondĂ© une famille, nous avions chacun des activitĂ©s et pour ma part un paquet. Mais avec une rĂšgle d’or : elles ne devaient pas interfĂ©rer sur notre vie de couple ou notre future vie de famille. Hors de question pour nous de « se flinguer » le week-end ensemble Ă  cause des activitĂ©s de l’un des deux ou de vivre comme des collocs parce que l’on ne se voit plus, chacun passant ses soirĂ©es de son cĂŽtĂ© Ă  l’extĂ©rieur. J’ai d’ailleurs vu des personnes de mon entourage passer de moins en moins de temps ensemble, s’Ă©loigner pour finir par se sĂ©parer, ne partageant « plus rien ». D’autant plus quand il y a des enfants et que c’est trop souvent le / la mĂȘme qui s’occupe de les garder… J’ai toujours trouvĂ© cela effrayant.

Nous veillons donc Ă  placer nos activitĂ©s sur des pauses dĂ©jeuner si c’est possible et surtout, de ne jamais impacter le week-end pour cela (ou alors de maniĂšre trĂšs limitĂ©e). Le week-end, il y a des activitĂ©s, mais … en famille 😉

Maintenant que nous avons fondĂ© une famille, notre fille a le droit Ă  UNE SEULE activitĂ© en club. Elle doit donc y rĂ©flĂ©chir trĂšs soigneusement et son choix s’est portĂ© sur « poterie » pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive. Hors de question pour moi de m’Ă©puiser Ă  faire le taxi : elle a le droit Ă  une activitĂ© en club pour s’Ă©panouir et moi Ă  ne pas me surcharger en fatigue et dĂ©placements, la planĂšte dira aussi merci. De plus, je la dĂ©pose, Vincent la recherche, nos trajets sont rĂ©partis. J’ai pris le crĂ©neau du mardi soir et non pas du mercredi pour qu’elle puisse voir ses copines et jouer. Et parce que le mardi soir, Vincent peut m’aider ce qui n’est pas le cas pour un mercredi en pleine aprem.

De mon cĂŽtĂ©, entre le boulot trĂšs prenant, les heures supps, les devoirs de la Maus, les repas et le poids du quotidien, j’ai besoin de me ressourcer un peu. Vincent a donc insistĂ© il y a quelques annĂ©es pour que je fasse une activitĂ© Ă  l’extĂ©rieur pour me dĂ©tendre. Et j’apprĂ©cie ce petit instant sans personne dans les pattes. J’ai donc successivement fait marche nordique (2 fois par mois, dimanche, de 8 h Ă  10 – on avait toute la journĂ©e encore ensemble), patchwork durant un an (2 jeudis soirs par mois) et cette annĂ©e couture tous les mercredis soirs. Cela me fait du bien, mais je suis contente de ne pas ĂȘtre plus absente afin que nous fassions des choses ensemble. Pour le sport, j’ai du mal Ă  trouver un crĂ©neau, mais je vais essayer d’utiliser ma pause dĂ©jeuner Ă  partir de mi-novembre 2019, aprĂšs certaines grosses Ă©chĂ©ances professionnelles.

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