Bee’s-wraps : alternative économique ou coûteuse ?

Au 1er plan : beewrap pour transporter quelques groseilles à maqueraux.

Cet article est consacré au bee’s-wrap, ces fameuses « véritables » toiles cirées, c’est à dire du tissu enduit de cire d’abeille que l’on utilise en lieu et place de cellophane ou d’aluminium. Il sert donc à couvrir les récipients, envelopper les aliments, l’exception de la viande et du fromage en contact direct (dans une baguette sandwich, c’est ok).

Pour cet article, différents points :

  • le retour sur expérience à l’utilisation : usage, durée de vie et entretien.
  • comment faire ses bee’s-wraps : lien vers des tutos.
  • et la réponse à la question : pourquoi c’est « cher » à l’achat ?

Retour sur expérience.

Nous utilisons du film plastique et de l’alu qu’à de très, très rares occasions : la preuve, c’est que j’ai encore les rouleaux achetés en 2007, à l’occasion des préparatifs de notre mariage pour l’aluminium… D’ailleurs, on s’en sert plutôt à des fins de bricolage. Nous avons toujours privilégié l’utilisation de tupps, bien plus pratiques que ce fichu film qui se déchire et colle trop souvent sur lui-même.

Pour le pain, nous l’enveloppions dans un torchon. Si cela le protégeait un peu, cela ne l’empêchait pas de durcir. Lorsque j’ai commencé l’année dernière à chercher des alternatives au plastique dans la maison, je suis à plusieurs reprise tombée sur cette solution qu’est le bee’s-wrap et j’ai de suite pensé à mon pain.

Au vu du prix de ces articles en magasin et des formats souvent petits et incompatibles avec une miche, j’ai donc réalisé les nôtres aux alentours de mars 2019.

Le pain se conserve vraiment très bien. Il reste frais beaucoup plus longtemps et cela vaut aussi pour les pâtisseries et les brioches. C’est vraiment quelque chose qui simplifie le quotidien. Attention toutefois, les 1ers jours, mon bee’s-wrap sentait fort la cire (et mon pain aussi) et cette odeur s’est estompée en moins de 5 jours. Depuis, plus aucun souci.

Durée de vie

Nous nous en servons quotidiennement du très grand bee-wrap pour le pain et occasionnellement pour les autres : couvrir un petit bol, envelopper quelques chips de pommes pour le goûter.

Le bee-wrap du pain a eu besoin d’être enduit à nouveau ce mois de décembre, au bout de 9 mois. Pour les autres qui sont utilisés occasionnellement, ils sont encore comme neufs. C’est donc un produit intéressant : il a une durée de vie longue et quand il est usé, il peut être enduit à nouveau, et c’est reparti pour un tour !

Entretien

La cire d’abeille craignant la chaleur, il faut rincer votre bee-wrap à l’eau froide ou éventuellement légèrement tiède. Jamais chaude : la cire fondrait et vous vous retrouveriez avec un morceau de tissu. C’est tout !

Comment faire ses bee-wrap :

Pour cet article, je n’ai pas réalisé de tutos tout simplement parce qu’on en trouve à foison sur le net et qu’il me semblait plus pertinent de vous les mettre en lien.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe deux écoles :

Il faut de la cire (apiculteur) et du coton léger bio, dans des coloris qui vont s’harmoniser avec la cire qui va donner une teinte jaunâtre au tissu : les jaunes, oranges, verts… faites des essais sur un petit bout au préalable.

Quelle méthode choisir ?

Eh bien j’ai testé les deux et je peux vous dire, en vérité, tu vas devoir nettoyer des semaines durant ! Dans les deux cas, c’est galère et c’est un peu choisir entre la peste et le choléra ! Une horreur. Quitte à en fabriquer, autant en faire une bonne série d’un coup, car tu ne souhaites pas avoir toutes les semaines un champ de bataille collant ou carnage poisseux digne du passage de Winnie l’Ourson avec carte blanche sur les ruches d’abeilles.

  • méthode du fer à repasser : la cire ultra liquide sous l’effet du fer s’est échappée sous le papier sulfurisé et a flingué ma planche à repasser (ça, c’est fait !). Plus jamais je ne vais pouvoir l’utiliser pour autre chose, sous peine de voir de la cire se coller à des vêtements. De plus, il y a eu un peu de cire sur le fer également, dans les trous vapeurs précisément), et là aussi, une vraie galère pour en venir à bout.
  • plaque de cuisson + four : idem… J’avais lu sur le net que c’était plus « propre ». Que nenni ! J’ai mis une feuille de cuisson anti-adhésive pour protéger ma tôle qui s’est quand même retrouvée avec de la cire dessus. 4 semaines plus tard, j’ai enfin réussi à m’en débarrasser, et encore, on le voit. La parade serait d’avoir une tôle ou plaque de cuisson dédiée au bricolage, mais tout de même, il faut nettoyer aussi… Et puis, par conséquent, tu en auras partout : sur le petit pinceau pour faire les raccords, dans ton évier où tu as nettoyé le tout.
  • NETTOYAGE DES USTENSILES, de la râpe, tôle et évier : avec de l’eau bouillante. Pas chaude. Mais bien bouillante. C’est la seule manière de faire fondre et d’évacuer la cire (veille à ne pas boucher ton évier). Attention à tes doigts, les miens s’en souviennent encore ! Et tu as intérêt à éponger ou sécher vite la tôle / râpe avec du papier absorbant, sinon, même chaud, tout se fige à nouveau et tu peux recommencer. Sans rire, je crois que j’ai fait au moins 15 passages à l’eau bouillante sur la tôle.

J’ai fureté sur plein de sites et blogs. On y lisait des informations au sujet d’une fabrication fort simple, mais rien au sujet des carnages et nettoyages difficiles. Mon frère, apiculteur amateur il y a quelques années, m’a confié avoir fait une seule fois des bougies en cire avec ses enfants dans la cuisine familiale : une expérience unique, il ne le refera pas (au vu du nettoyage).

Pourquoi le prix des bee-wrap est-il élevé lorsqu’on les achète ?

Faire ses bee-wrap est simple, nécessite seulement l’achat de 2 choses. Mais on a surtout besoin d’huile de coude. Matériel et coût :

  • de la cire d’abeille. Je l’ai achetée en bloc chez l’apiculteur et que je râpe ce dont j’ai besoin au fur et à mesure. Le bloc me revient à 19 euros. On peut acheter des paillettes de cire dans le commerce. Néanmoins, le prix au kilo sera nettement plus élevé et en plus, on se retrouve avec un emballage qu’on peut éviter. Tout petit geste est bon pour l’environnement !
  • un tissu bio qui se trouve à partir de 9 à 10 euros le mètre. Pourquoi un tissu bio ? Et bien parce que vous allez envelopper votre ripaille dedans, pardi ! A moins d’avoir envie de chips de pommes à la teinture ou au produits douteux…
  • un fer à repasser + papier sulfurisé ou tôle + four.
  • une râpe (si cire en bloc).

On en est donc à un peu moins de 20 euros pour le matériel brut qui vous permettra d’en réaliser toute une tripotée de toutes tailles. D’un point de vue purement financier, le jeu en vaut la chandelle, si on compare que 3 bee’s-wraps en magasin bio, de surcroît de taille petite, vous reviennent déjà à 18 euros.

Mais… il y a bien un mais…

A l’achat en boutique, marché des créateurs et autres le prix s’explique … non seulement par la matière première mais surtout par le coût du travail. Dans ce cas, je ne parle même pas d’une entreprise, mais bien du particulier au marché du créateur / de Noel, de la bonne amie ou de la connaissance à qui vous avez peut-être demandé de réaliser ces bee’s-wrap. La personne aura passé du temps à chercher la cire chez l’apiculteur, à râper, à enduire et surtout, au pris au moins 2 heures de nettoyage de cuisine suite au carnage généré par l’occasion. Et on doit encore nettoyer un bon moment après, comme dit, on peut mettre jusqu’à plusieurs semaines pour en venir à bout : quand il n’y en a plus il y en a encore.

Bref, parfois les choses très simples, très faciles à réaliser peuvent avoir un coût qui s’explique tout simplement par le temps investi. Et parfois, l’équation est vite faite : cela peut-être un très joli cadeau d’acheter un bee-wrap à offrir, surtout quand on est pressé ou qu’on a tout simplement pas envie de nettoyer sa cuisine.

Si vous avez des questions sur les bee-wraps n’hésitez pas ! Et si vous tentez l’aventure d’en faire vous même, je vous conseille la méthode du fer à repasser plutôt que de la plaque de cuisson (à moins d’en avoir une « vieille » que vous dédierez à cela).

A bientôt !

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